Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Saisons de Pothos

Des pas montent
l'escalier

Au bout des
saisons des
pas inutiles

Je n'irai plus
dans les champs
de maïs

S'arrêter le long
du silence

Je viendrai te
voir partir...

S'asseoir face
à la mer

Si tu vas à la
lisière du temps

Printemps d'été
J'ai vu trébucher
la solitude

Le saule du
sentier

Retour d'espoirs
L'enfant de la
gare des champs

Trop naïf sourit
le mensonge

Indifférence
du temps

A l'entrée du
dernier pont

Sur le chemin des
rencontres

Il s'est assis
Quand la pluie
s'est arrêtée

La nuit de
Schwarzwald

Instants nus


QUAND LA PLUIE S'EST ARRÊTÉE

Cette nuit
Quand la pluie s'est arrêtée
Sur le toit
Endormi
De ta vallée
Tu es venu me voir
Sous les combles
Suivi de cette odeur
Si forte
De foins mouillés
Et... de songes...
De ta fenêtre
Ouverte
Tu as volé
En passant
Sur le pont d'une nouvelle lune
Pour les mettre dans mes yeux
Une poignée de ces étoiles
Qui sont au bord de la voie lactée.
Sous les combles du désir
Où il m'est si doux de t'attendre
De ta main tendue
- Est-ce en offrande ? -
Se sont alors envolées
Sur les foins de ta nuit
Les premières lucioles de l'été...
Dans leur lumière
Si éphémère
Je peux voir
Toujours
Le souvenir de ta main
Qui s'ouvre et se ferme
Peur de se donner
Peur de tout perdre
Incertitude d'un amour
Qui s'allume et s'éteint
Sur le corps des saisons
Où ton envie de tout prendre
Me laisse souvent pour quelques braises
Le froid mouillé d'un tas de cendre...
Mais juste avant l'aube
Tout près de ton été
Sur les foins de ma nuit
J'ai vu enfin se lever
Tous les soleils d'une galaxie
Que l'amour sous les combles
Avait engrangée
Au fond d'un infini
Où se créent les nouveaux songes...
Si tu laves dans tes yeux
La lumière souillée d'ombre
Par ton cour qui se ferme
Et tes silences de mensonge
Alors se vêtira de certitude
L'amour de tes promesses
Dit et redit sous les combles
Et mutilé sur d'autres lèvres...
Quand ce tout devenu partie
Sans partout et sans toujours
Sera refait de ses ailes
Bras coupés de mes songes
Nous irons nous rencontrer
A la lisière de l'éperdu
Sur les foins des galaxies
Lumière trempée d'absolu
Où nous pourrons nous retrouver
Enfin libres du fini
Tout au bord de nos étés...

Juin 1990

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