Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Fleuves

Si tu reviens d'un
long voyage

Il neige dans la
cour intérieure

J'ai vu le vent
courir dans
les roseaux
du fleuve

Le Vent Viendra
Branche cassée
Le voilier du matin
Sur la marche la
plus haute

Il y avait pluie de
faucons et lunes
d'été

J'ai reconnu ton
silence

Tu es parti
le dernier

L'amour n'a pas
entendu

Un samedi soir à la
porte de l'arénas

La main des pluies
attendues

Les hennas de
l'époux promis

Traversée
Moularés
Sur la route du Sud
Migration
L'écluse
La forêt dans
le jardin

Le chemin que j'ai
pris hier soir

L'arbre aux
drapeaux

Le vin d'Anacréon
L'appel des hérons
et des foulques

Les yeux du silence
Ecouter


BRANCHE CASSÉE

Au fond de l'impasse
Le renard
Affolé
Ecoute la meute approcher.
Sur la route du temps
L'espace cherche l'infini.
Seule l'herbe sait résister.
La soif
Sait-elle encore remonter le désir?
Les chutes de l'espoir sont si hautes.
J'ai peur de tomber.
Je n'ai pas d'ailes.
Je ne sais pas nager.
Mon amour a perdu la route de ton âme.
Mes mains
Ne se souviennent plus des chemins de ton corps
Pourtant si familiers.
Au fond de l'impasse
Le sentier s'est fait piéger.
Est-ce ton visage?
Delà le mur 
Porte étroite
Il y a une odeur fraîche de pluie.
Le renard n'a pas de clé
Et... il a trop couru pour sauter.

Sentier
Mon ami
Mon fidèle
Sentier qui s'en vient
Sentier qui s'en va 
Arbre aux voyages
Aux feuilles de poussière et d'asphalte
Aux senteurs d'inconnu
Aux sèves d'orage
Quel poids peut casser tes branches?
Sentier de terre
Sentier d'eau
Où s'en vont les fleuves et les mers
Sentier d'en haut
Sentier du désert
Sentier sans début
Sans fin
Sentier fruit
Sentier racine
Sentier temps
Sentier mon ami
Mon fidèle
Sentier sourire
Sentier caresse 
- Où il est si doux de se perdre -
Sentier regard
Pourquoi l'impasse
Branche cassée
Pourquoi le renard?

Derrière la maison
Près du vieux peuplier 
Tu dormais nu les nuits d'été
Tes bras tendus vers le vent
Qui effaçait tes ornières en se perdant dans les blés.

Ton haleine
Gardait longtemps le souvenir du printemps.
De ma fenêtre
Je t'entendais appeler mes songes
Avec des essaims d'étoiles dans les luzernes.
Je n'aurais jamais été seul sur tes branches.
Dans les rives aux visages
Les oiseaux
M'auraient appris la joie de courir
D'être attendu
D'attendre. 
Au loin
Au bord des étangs
L'espoir
Ecoutait mûrir les hérons blancs.



Près du vieux peuplier
Gisent
Encore
Les roues insolentes des sages.
Bois rouillé.
Au fond de l'impasse
Le renard
Affolé
Regarde ta branche cassée.

Avril 1996

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