Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Fleuves

Si tu reviens d'un
long voyage

Il neige dans la
cour intérieure

J'ai vu le vent
courir dans
les roseaux
du fleuve

Le Vent Viendra
Branche cassée
Le voilier du matin
Sur la marche la
plus haute

Il y avait pluie de
faucons et lunes
d'été

J'ai reconnu ton
silence

Tu es parti
le dernier

L'amour n'a pas
entendu

Un samedi soir à la
porte de l'arénas

La main des pluies
attendues

Les hennas de
l'époux promis

Traversée
Moularés
Sur la route du Sud
Migration
L'écluse
La forêt dans
le jardin

Le chemin que j'ai
pris hier soir

L'arbre aux
drapeaux

Le vin d'Anacréon
L'appel des hérons
et des foulques

Les yeux du silence
Ecouter


L'ÉCLUSE

Avec les cerfs-volants attachés à la main du songe
Les oiseaux-nuages dans les rets du couchant
Je descends les eaux du fleuve
Sur le radeau du désir
Au mât d'espoirs
Et une petite voile blanchie par le vent.
Corsaire des étoiles
Aux voies de mer
Connues par le sel des marées et les pleines lunes
Je m'en vais
Lucide
Toujours enfant
Vers l'écluse
Sûre
Aux portes closes
Où frappent les silences de l'âme
Hantés par l'aube.

Tous les fleuves connaissent la route de l'écluse.
Ils sont les eaux du Grand Fleuve.
Entre deux vagues d'infini
Le temps y poursuit l'éternité
Et la mort y a un sourire de vie.
Mon regard est prisonnier des rives
Les rives sans nom
Appelées avec des noms à la dérive
Patries inutiles
Terres d'habitude
Clos d'arbres stériles
Sans feuilles

Où la liberté pleure
Derrière les haies du fini
La vie qui se meurt.

Les cerfs-volants attachés à la main du songe
Me donneront la clé de l'écluse.
L'océan
Sans rives
Viendra à ma rencontre.
J'en serai ivre.
Tous les noms et les visages
Arc-en-ciel du possible
S'en iront avec le vent
Les oiseaux-nuages.
Tout ne sera qu'un
Sur la ligne de l'horizon
Où écrit le matin.

Novembre 1996

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