Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Fleuves

Si tu reviens d'un
long voyage

Il neige dans la
cour intérieure

J'ai vu le vent
courir dans
les roseaux
du fleuve

Le Vent Viendra
Branche cassée
Le voilier du matin
Sur la marche la
plus haute

Il y avait pluie de
faucons et lunes
d'été

J'ai reconnu ton
silence

Tu es parti
le dernier

L'amour n'a pas
entendu

Un samedi soir à la
porte de l'arénas

La main des pluies
attendues

Les hennas de
l'époux promis

Traversée
Moularés
Sur la route du Sud
Migration
L'écluse
La forêt dans
le jardin

Le chemin que j'ai
pris hier soir

L'arbre aux
drapeaux

Le vin d'Anacréon
L'appel des hérons
et des foulques

Les yeux du silence
Ecouter


LA FORÊT DANS LE JARDIN

Odeur lente de la plaine qui se fâne
Dans le jardin muré de brumes.
Plainte soumise des feuilles poussées par le vent
Dans les allées-nuits si longues de mon âme.
Lointains trempés de lunes
Dans la lumière qui décline et attend le printemps.

Aux grilles ouvertes du désir
Sur les pierres usées de l'oubli
La beauté s'est mise à courir.
Je l'ai vue traverser le tourment du jardin
Celui qui hante les brumes
Le souvenir.
Mais le passé passera-t-il?

Berger des arbres qui fuient les saisons
Sur les étendues sans fin de l'enfance
Je t'ai entendu les appeler
Les rassembler à la croisée des visions
Où l'amour les nourrit d'oiseaux
Et les désaltère aux fièvres du silence.

Tu as pris la forêt par la main
Et les chants de la plaine sur les épaules
Tu as envahi l'attente du jardin.
Alors mon désir t'a pris dans ses bras
Et de branche en branche t'a porté au sommet du grand arbre
Où l'infini est toujours vert
Et les vaisseaux n'ont plus de mât.

Sur le lit d'un orage d'espoirs,
Je t'ai étendu
Printemps
Nu
Face au printemps de mes lèvres
De mon regard
De mes mains
De mon âme sculptée par le soir.

En bas
La clameur des brumes qui se déchirent
Des murs qui s'effondrent.

Ils sont puissants
Les racines des arbres
Et... le temps.

Novembre 1996

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