Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Fleuves

Si tu reviens d'un
long voyage

Il neige dans la
cour intérieure

J'ai vu le vent
courir dans
les roseaux
du fleuve

Le Vent Viendra
Branche cassée
Le voilier du matin
Sur la marche la
plus haute

Il y avait pluie de
faucons et lunes
d'été

J'ai reconnu ton
silence

Tu es parti
le dernier

L'amour n'a pas
entendu

Un samedi soir à la
porte de l'arénas

La main des pluies
attendues

Les hennas de
l'époux promis

Traversée
Moularés
Sur la route du Sud
Migration
L'écluse
La forêt dans
le jardin

Le chemin que j'ai
pris hier soir

L'arbre aux
drapeaux

Le vin d'Anacréon
L'appel des hérons
et des foulques

Les yeux du silence
Ecouter


TU ES PARTI LE DERNIER

à Biagio

La nuit n'arrive pas à dormir. Ses lèvres s'ouvrent aux salives vertes des foins d'été. Ils ont la nostalgie des herbes libres semées par le vent delà l'équilibre des champs cultivés. Seront-ils les derniers?
A Figuier Blanc tu as moissonné ton champ de blé. Sera-t-il le dernier?
Tu le battras demain.
Tu m'as invité.
Serai-je le dernier?
La lune enceinte de lucioles attend son heure derrière le silence des aspics qui veillent sur le sentier. Les lézards et les libellules bleus s'enivrent de rosée. Seront-ils les derniers?
Dans la grange où le souvenir et l'oubli dorment enlacés, la batteuse à blé attend le matin et la main qui la fera chanter, elle sortira sur tes épaules à la rencontre du blé. Sera-t-il le dernier?
Elle connaît depuis longtemps tous les espoirs, tous les champs, toutes les épaules, tous les sentiers de la vallée. Seront-ils les derniers?


A Figuier Blanc les herbes libres ont envahi la cour et le sentier.
La batteuse à blé s'en est allée. On a perdu sa trace, sa mélopée.
Tu es parti le dernier.
Derrière toi il y a seulement la paille et les chaumes du passé.
Sur les rives du torrent, le long de la Vallée, les moulins ne caressent plus l'eau ni le blé.

Juillet 1996

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