Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Fleuves

Si tu reviens d'un
long voyage

Il neige dans la
cour intérieure

J'ai vu le vent
courir dans
les roseaux
du fleuve

Le Vent Viendra
Branche cassée
Le voilier du matin
Sur la marche la
plus haute

Il y avait pluie de
faucons et lunes
d'été

J'ai reconnu ton
silence

Tu es parti
le dernier

L'amour n'a pas
entendu

Un samedi soir à la
porte de l'arénas

La main des pluies
attendues

Les hennas de
l'époux promis

Traversée
Moularés
Sur la route du Sud
Migration
L'écluse
La forêt dans
le jardin

Le chemin que j'ai
pris hier soir

L'arbre aux
drapeaux

Le vin d'Anacréon
L'appel des hérons
et des foulques

Les yeux du silence
Ecouter


UN SAMEDI SOIR À LA PORTE DE L'ARÉNAS

L'eau qui sait danser les symphonies oubliées
Soudain
Se tait.
Mon âme chargée de silence
Voyage.
Au fond de l'agora je regarde l'espoir s'en aller sur l'étang.
II y a des cygnes blancs au col noir.
Le parc aux haies de jasmin
Aux papillons rares
Attend l'extase.
Mon désir avance. 
Une pie heurte un mur-miroir
Ensoleillé.
Elle l'a cru fait de vent et de nuages.
Espace de verre
De miroirs sans visages
Où je refuse de me voir.
Le vide s'abat indifférent sur l'agora avec le soleil du soir qui s'en va.
L'enfant fou aux deux visages 
Rit de sa folie
Du songe inutile
De l'espoir.
Très haut s'en vont tout blancs les goélands.
Ils s'en vont vers l'Est.
Est-ce l'ancienne foire de l'Est que chantaient la plaine
Et... l'amour fou
De l'enfant fou parti dans la nuit sans dire au revoir?
Un train passe au loin. 
C'est le train des amours perdues
Eperdues.

Sur les toits les palmiers se souviennent d'oasis﷓mères
Aux bras d'eau
Tendres.
Deux amoureux traversent l'agora
Montent l'escalier du jasmin gavé de soir
Humant le couchant
S'en vont avec mon désir et l'infini de l'espoir.
Seules les hirondelles habitent l'agora de la porte de l'Arénas les
Samedis soirs.
Un papier blanc
Descend l'escalier
Poussé par le vent.

13 juillet 1996

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