Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Fleuves

Si tu reviens d'un
long voyage

Il neige dans la
cour intérieure

J'ai vu le vent
courir dans
les roseaux
du fleuve

Le Vent Viendra
Branche cassée
Le voilier du matin
Sur la marche la
plus haute

Il y avait pluie de
faucons et lunes
d'été

J'ai reconnu ton
silence

Tu es parti
le dernier

L'amour n'a pas
entendu

Un samedi soir à la
porte de l'arénas

La main des pluies
attendues

Les hennas de
l'époux promis

Traversée
Moularés
Sur la route du Sud
Migration
L'écluse
La forêt dans
le jardin

Le chemin que j'ai
pris hier soir

L'arbre aux
drapeaux

Le vin d'Anacréon
L'appel des hérons
et des foulques

Les yeux du silence
Ecouter


LE VENT VIENDRA

    Le vent viendra. Le soir? Le matin? Qu'importe quand et sur quel chemin. Il viendra te dire mon amour. Alors j'aurai la paix du jour qui s'en va.
    Je ne baisserai pas la tête devant la saison sèche. Ma soif sera pluie. Le ciel ému laissera tomber ses étoiles dans les yeux de la nuit.
    Je ne baisserai pas mon regard devant la route vide. Mes pas seront présence. Dans ma course il y aura toujours la poussière de chevaux qui avancent et les éclairs d'oiseaux impatients.
    Sur l'aire de l'été l'enfant était debout avec le silence. L'arc-en-ciel sans orage l'a surpris à l'heure close de midi. Son corps s'est mis à attendre. Dans cet oeil présage, sceau d'élection, oeil fleur, oeil voyage, les enfants donnent rendez-vous à leur enfance.
    Il est loin le verger où l'enfant paissait les oies au printemps.
    J'entends encore les hirondelles crier et jouer avec la lune de la plaine dans la cour aux couchants.
    Je suis parti avec les nuages. J'aurais tant voulu les lier à un fil, les guider dans les champs de luzerne, en faire les cerfs-volants de mes songes, les attacher aux arbres et me reposer à leur ombre.
    Le vent viendra. Le soir? Le matin? Qu'importe quand et sur quel chemin. Il viendra de la mer, où l'on peut venir de partout. Il entrera dans les ports et pénétrera loin dans la plaine, où l'on peut être nulle part. Tu l'entendras arriver dans ta cour et chercher de ses mains ton visage. A la lisière du désert, qui n'a pas de paroles, il te dira mon amour. Alors j'aurai la paix avec le sable, la soif, les jours.

Mars 1996

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