Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Les gares de la
haute mer

Nouvelle lune
L’eau de mon âme
Tu me diras les mers
inconnues

La falaise
Ornières
Ascension
La page du fleuve
Les enfants ne
reviendront pas

Le chemin de
tes yeux

Terre ouverte
Tu les as laissés
partir

Talus
Sourire
Caravanes d’ailes
J’ai envie de rentrer
Le carrefour d’un
sourire

Rapprocher les
lointains

Le ciel est bas
Vanner les étoiles
Tout est immense
Les gares de la
haute mer

En attendant le
printemps

Un galop de vent
qui s’en va

La neige a fondu
Tu viendras ouvrir
les fenêtres

Je suivrai l’été
Marcher
Au fil de l’eau
Passé
La forêt des visages
Rien n’est jamais
perdu

Éclats de songes
Pousses d’un soir
Songes à la dérive
Un espoir lépreux
Ombres
Blés-mer
Le vent des hauteurs
Sur le dos
des buffles


TU ME DIRAS LES MERS INCONNUES

à Sarah

La mer
Au soleil au bord de l’eau
Plaine d’horizons
Peuplée de voiles
D’ailes
D’éclairs annoncés
Où le regard
Se remplit
Invente
Tous les possibles.
Au loin
Un point blanc.
Est-ce toi qui avances ou qui s’en vas ?
Si tu avances
Tu me diras les mers inconnues
Les monstres marins
Les bateaux fantômes
Les serpents de mer
Et moi
Enfant
Je te regarderai
Les yeux en sourire
Et je te croirai
Et je me sentirai marin de la haute mer
Qui ne connaît aucun amer
Sauf le bonheur de se perdre ensemble
Et la peur de te perdre.
Si tu t’en vas
Alors j’aurai des larmes sur le quai des départs.
Ne m’en veux pas
Mes mains
Mes bras
Seront très longs
Immenses
Ils voudront te retenir
Agrippés à tes hanches
Et se perdront dans les brumes du temps qui s’en va
Du regard qui ne suit pas
Et reviendront vides
Et mon cœur pleurera
Perdu dans un coin
Imaginé en rempart
Qui n’existe même pas.
Mais si tu avances
Je préparerai un banquet de songes
Et les nuits auront tant de galaxies
Qu’il sera facile de se voir
De se parler
De se sentir
De s’embrasser
Au rythme des mélopées des herbes
Cantilènes retrouvées de mes champs d’enfant
Chauds de blés et visions
Où courent les couchants.

Si tu avances
Tu me diras les mers inconnues...

Décembre 2001

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