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Les gares de la
haute mer
Nouvelle lune
L’eau de mon âme
Tu me diras les mers
inconnues
La falaise
Ornières
Ascension
La page du fleuve
Les enfants ne
reviendront pas
Le chemin de
tes yeux
Terre ouverte
Tu les as laissés
partir
Talus
Sourire
Caravanes d’ailes
J’ai envie de rentrer
Le carrefour d’un
sourire
Rapprocher les
lointains
Le ciel est bas
Vanner les étoiles
Tout est immense
Les gares de la
haute mer
En attendant le
printemps
Un galop de vent
qui s’en va
La neige a fondu
Tu viendras ouvrir
les fenêtres
Je suivrai l’été
Marcher
Au fil de l’eau
Passé
La forêt des visages
Rien n’est jamais
perdu
Éclats de songes
Pousses d’un soir
Songes à la dérive
Un espoir lépreux
Ombres
Blés-mer
Le vent des hauteurs
Sur le dos
des buffles
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J’AI ENVIE DE RENTRER
Une bande d’oiseaux noirs
Un ciel d’acier
Mal trempé.
Le soir est encore loin.
Je veux rentrer.
L’Irrawaddy nous attend.
J’ai hissé la voile de l’espoir
Du sourire.
Je suis allé chercher les pagodes égarées.
Le berger les a laissées partir.
Mon bateau implore le vent.
La voile est un peu déchirée.
Sur la rive
Course éperdue sous les arbres.
C’est la pagode rêvée qui s’enfuit
Le temple des songes
Où se rassemblent les arcs-en-ciel
Pour les midis qui meurent de soif.
Il est un vieil arbre
Presque sec
Immense
Aux feuilles très rares
Qui frétillent toujours au vent
Il crie encore
-Viens
J’ai le secret des sortilèges
Les incantations du désir.
Sur les berges
Des bateaux prêts à partir
Qui ne partent jamais.
Qui sera le passeur des songes ?
L’autre rive est surprise.
Quand partirons-nous ?
Théorie de porteuses d’eau
A travers les palmiers-agaves-aloès
Sur la grève aux laveuses de robes rouges des moines
D’enfants qui rient
Herbés sur le sable des départs
Jamais partis.
Lentes péniches où vivent les sourires et le caresses à donner.
Bateaux aux cahutes en feuilles de lotus
A la dérive des jours.
Les pagodes jouent à cache-cache
Avant de s’allumer au couchant.
Attelages de zébus patients
Qui remontent des sacs d’espoirs
Sur les rives de l’Irrawaddy.
Les collines se colorent d’améthyste.
Il est une prison près de l’infini.
Un train passe.
Son cri se baigne dans les rizières.
Une bande d’oiseaux se noie dans le soir.
Les douves du palais de Mandalay
Ne sont qu’un espace vide.
Je l’entends raconter son passé
Aux passants
Qui ont déjà le leur
Et n’ont pas envie d’écouter
L’inutile.
La prison écoute
Elle a tellement envie de liberté.
Des rizières sans fin naîtra peut-être le matin espéré.
Le train est parti.
Il est loin.
La prison est fermée.
Sois sûr
Tu verras le jour.
J’ai envie de rentrer.
Janvier 2002
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