Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Les gares de la
haute mer

Nouvelle lune
L’eau de mon âme
Tu me diras les mers
inconnues

La falaise
Ornières
Ascension
La page du fleuve
Les enfants ne
reviendront pas

Le chemin de
tes yeux

Terre ouverte
Tu les as laissés
partir

Talus
Sourire
Caravanes d’ailes
J’ai envie de rentrer
Le carrefour d’un
sourire

Rapprocher les
lointains

Le ciel est bas
Vanner les étoiles
Tout est immense
Les gares de la
haute mer

En attendant le
printemps

Un galop de vent
qui s’en va

La neige a fondu
Tu viendras ouvrir
les fenêtres

Je suivrai l’été
Marcher
Au fil de l’eau
Passé
La forêt des visages
Rien n’est jamais
perdu

Éclats de songes
Pousses d’un soir
Songes à la dérive
Un espoir lépreux
Ombres
Blés-mer
Le vent des hauteurs
Sur le dos
des buffles


JE SUIVRAI L’ÉTÉ

Là-haut
Le pommier sauvage est en fleur.
Il m’attend.
Il m’a préparé un parterre de genêts
Myrtes et pétales de pruniers.
Il veut me parler.
- Méfie-toi de l’été
Il est très tendre
Très beau
Il veut t’apprivoiser.
Tu risques de pleurer quand il va s’en aller.
Les oiseaux et les fleurs lui diront adieu
Avant de s’enrober de silence
De brumes
De givre
Avec les arbres dénudés.
- Quand il s’en ira
Je le suivrai jusqu’au désert
Où il campe parmi les dattiers
Et j’irai encore plus loin
Jusqu’à la Croix du Sud
Trinité des frangipaniers
Des danses
Du plaisir sacré.
Et toi
Pommier sauvage
Je viendrai te revoir avec l’été
Et je te raconterai les désirs
Qu’il a suscité dans les contrées sans saisons
Où l’orage n’a pas de nuages
Pas de pluie
Seulement des larmes joyeuses de cerfs-volants
Colorées des tiédeurs
Intenses
Des rivages
Des infinitudes du couchant.

- Méfie-toi de l’été
Il a le sourire des libellules
Le rire des pics-verts
Et la caresse du vent dans les châtaigniers.
Il est joyeux
Il aime courir après les loriots et les songes
Il danse dans les vignes et s’enivre d’alouettes et de blés.
En le suivant
Tu risques...

- Je suivrai l’été.

Avril 2002

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