Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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L'infini ne sait
plus où aller

Rencontre
Voyage au présent
passé

Y a-t-il un port à
Tozeur

Labyrinthes
Tu ne pourras plus
être absent

Lettre à un ami du
désert

N'aie pas peur du
printemps

De mon regard est
sorti un héron
blanc

Un sourire dans
le jardin

Insoumissions
À l'orée des
enfances perdues

Pourquoi attendre
toujours demain

Départ sans
bagages

Là-bas... pourquoi
autant de sable

Guitare blessée
Résurrection
Espoir seul
Espoir désemparé
Circoncisions
Partir


LÀ-BAS... PORQUOI AUTANT DE SABLE

    Les blés ne sont pas encore mûrs.
    Ils courent toujours si loin dans le regard de l'enfant...
    Là-bas où ils deviennent bleus avec le soir, pourquoi le vent remue-t-il soudain autant de sable ?

    Les coquelicots n'ont pas encore versé tout le sang des amours tuées au crépuscule.
    Les incendies sont toujours mutilés dans les impasses.
    Là-bas où ils deviennent couchants et nuages, pourquoi les étangs ont-ils soudain ce calme mort du sable ?

    Les mûriers ne sont plus dans les champs.
    La plaine a l'odeur vide du désert.
    Là-bas où ses mains deviennent désir, pourquoi pleut-il soudain des tendresses aux saveurs de sable ?

    Il y avait jadis des violettes cachées dans l'herbe jaunie par l'hiver.
    Le vent des espoirs inutiles me les a arraché des mains si souvent sur la tombe des printemps.
    Etait-ce dans les prés hors du temps de SaintApollinaire ?
    Là-bas où le songe devient si vert, pourquoi les lys sauvages se fanent-ils soudain en souvenirs de sable ?

    Sur les rebords d'attentes ouvertes, la neige des robiniers est déjà chaude de matins d'été.
    Au-dessus des rosées, près de la grande route, un rossignol amoureux ressuscite dans la nuit un jour oublié.
    Là-bas où le chant devient caresse, pourquoi la vie n'est-elle soudain qu'un chemin de sable ?

    Sur la grève où se donnent rendez-vous les pleines lunes et le silence, je regarde mûrir les blés, la porte des luzernes et les appels de l'été.

Mai 1994

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