Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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L'infini ne sait
plus où aller

Rencontre
Voyage au présent
passé

Y a-t-il un port à
Tozeur

Labyrinthes
Tu ne pourras plus
être absent

Lettre à un ami du
désert

N'aie pas peur du
printemps

De mon regard est
sorti un héron
blanc

Un sourire dans
le jardin

Insoumissions
À l'orée des
enfances perdues

Pourquoi attendre
toujours demain

Départ sans
bagages

Là-bas... pourquoi
autant de sable

Guitare blessée
Résurrection
Espoir seul
Espoir désemparé
Circoncisions
Partir


LABYRINTHES

à Mouldi de Nefta

Dans le sable
Sur la plage d'une mer disparue
Les rues
Malades d'absence
Se poursuivent
Etroites
Innombrables
Entremêlées au silence.
Les maisons
Leurs tapis en brique
Damiers du temps qui passe
Boivent la lumière du soir
Jusqu'à l'ivresse des sortilèges
Qui hantent le désir
Les soifs cachées
Tache de vie derrière le miroir.

Psaumes d'amour promis
Nous avons franchi
Légers
Vêtus du sourire de l'infini
Les portes du labyrinthe
Si invitant
Avec son masque d'ocre
Enchanté
Piège de couchants.

À gauche
À droite
Tout droit
Sable
Mur
Impasse...
Retour
Détour
Mur
Sable
Impasse...
Soif
Peur
Angoisse...
À gauche
À droite
Sable
Mur
Impasse...
Vite
Plus vite...
J'étouffe
Je meurs
J'ai peur.
Vite...
Plus vite
Une porte
Une fenêtre
Ouverte...
Vite un peu d'air
Un peu d'eau
Un peu d'infini
Un peu de vert
Vite
Pour le désert...
À l'orée de l'oubli
Après l'appel de tes paroles
Aux intonations d'eau fraîche

Qu'il est loin le labyrinthe 
Perdu - à jamais ? - dans la nuit.
Autour de mon corps
De mon âme
De mes songes blessés
J'entends les dattiers murmurer ton amour.

Pourquoi les nuits des illusions 
Au voyage sans fin
Sont-elles si brèves ?

Au bout de la clarté
Jour de soleils
De galaxies
Je vois avancer
Sombre
Inattendu
L'orage du mensonge.
Des lèvres d'un masque
Vide de sourires
Il pleut
Soudain
Du sel
Du sable
Des hyènes
Des chacals
Des murs
Des impasses...
La blessure est ouverte.
L'amour
Pleure
Toujours
Aux portes du labyrinthe.

C'était encore un soir.
Repus d'illusions éteintes
Les hyènes et les chacals
S'étaient vêtus de silence.

Nous avons couru ensemble sur les dunes
Regarder le soleil s'en aller
Sur nos chemins
Si proches
Si lointains
À la recherche d'une présence
D'une rencontre
Quelque part
Peut-être... la nôtre.

Septembre 1993

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