Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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L'infini ne sait
plus où aller

Rencontre
Voyage au présent
passé

Y a-t-il un port à
Tozeur

Labyrinthes
Tu ne pourras plus
être absent

Lettre à un ami du
désert

N'aie pas peur du
printemps

De mon regard est
sorti un héron
blanc

Un sourire dans
le jardin

Insoumissions
À l'orée des
enfances perdues

Pourquoi attendre
toujours demain

Départ sans
bagages

Là-bas... pourquoi
autant de sable

Guitare blessée
Résurrection
Espoir seul
Espoir désemparé
Circoncisions
Partir


DE MON REGARD EST SORTI UN HÉRON BLANC


à Alberto

    Sur la route de la nuit aux herbes d'ombre, je songe aux étoiles, aux pleines lunes, suspendues au fil du songe, raccourci de l'espoir, là-bas des possibles auquel tu songes.
    Qu'importent la route, les ombres, la nuit, si l'on est accoudé au même temps, au même infini.
    Très tôt ce matin est sorti de mon regard un héron blanc.
    Là-bas y a-t-il des étangs ?
    Il s'en est allé très haut sur la désolation sans nom de l'oubli. Les fenêtres du visible n'ont plus de châssis.
    Inquiet j'entends courir le désert, grimper-dévaler ses dunes, plonger ivre de sable dans la soif de ses désirs. Je ne voudrais pas que le héron blanc se meure sur son chemin sans pleurs.
    Il a disparu sur la ligne ouverte des solitudes où jaillissent inattendues tant de rives. Même les oiseaux et les certitudes y deviennent soudain le point fragile d'un silence qui se brise.
    Il y a du sable dans mon regard. J'ai guetté son retour assis sous les heures du midi. Sur mes lèvres dansent encore les renards qui attendent toujours un ami.
    Il est revenu avec le vent sur la route si douce du jour qui s'en va. Le soir chantait déjà des airs inconnus au bord des mirages. Ses ailes étaient des éclairs d'un orage tombé quelque part.
    Rentré dans mon regard, il m'a parlé de tes yeux, les étangs de là-bas. Il a fait son nid sous l'ogive du désir, au cour des roseaux où, les nuits profondes, le soleil est guetteur de songes. La fraîcheur verte des eaux si claires est sourire sur tes lèvres.
    Demain il s'en ira relever le soleil et couvrira son nid
de tendresses. Si tu rentres avec lui, le désert fleurira de hérons blancs et mon visage de caresses.

Janvier 1994

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