Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Jeux en liberté
fragile

Rouge Khmer
Un enfant-un été
Honte du printemps
Ici c'est loin
Où l'enfant se fait
goéland

Sais-tu où vont les
nuages

Du haut de la
falaise

Dans la neige il a
tous les chemins

Psaume de
l'éphémère

Son premier cri
sera pour ton
sourire

Les premiers
arbres à refuser
l'oubli

Déchirures
Je serai le timonier
de vos navires

J'ai envie du vert
qui change

Tu étais là
Le temps n'est pas
passé

Arbre solitude
Au milieu de nulle
part

La voix des puretés
perdues

Lettres
Au nord de la Croix
du Sud

Malgré...
Intensité
Paroles de silence
Couleurs de cris
Jeux en liberté
fragile

La mer nous
parlera

Le nat des peurs
délicieuses

Leurs corps n'ont
plus de visage

Au bord du
lac Toba

L'herbe était déjà
haute


ARBRE SOLITUDE

Baobab
Arbre solitude
Ombre rare aux rares oiseaux
Voix d'étoiles
Qui envoûte les grillons
Sortilèges des herbes hautes
Sèches
Où se perd l'étendue de mon âme.
Qui leur donnera à boire
Les soirs de joies inattendues
Où psalmodient
Inventés
Les sources et les fleuves des soifs qui dévalent ?
Arbre mystère
Où passent
Infiniment sans hâte
Les ombres
Et la lumière qui les tue
Au détour des termitières
Chapelles géantes des sourires éteints
Des masques
Malgré une immense saillie de lune
Sur le fleuve
Ses hanches.
La nuit est si pâle d'attente
Que j'en pâlis
Un peu plus
A chaque instant
Car le vent ne sait plus d'être vent
A la porte du désert
Ouverte sur les ruches de sable
Suspendues aux branches de l'être
Où se sont égarés les mots et le silence.
La pluie
Viendra-t-elle
Enfin
Déteindre les masques-visages
Aux traits d'absence ?

A la lisière de l'invisible
Un nuage de poussière.
Est-ce un espoir qui tombe
Ou la pluie qui avance ?

Odeur
Acre
Soudain
De poussière mouillée.
Je revis.
Le baobab
Réveillé en sursaut
Etire son ombre
Et court l'immense.

Mai 2000

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