Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Jeux en liberté
fragile

Rouge Khmer
Un enfant-un été
Honte du printemps
Ici c'est loin
Où l'enfant se fait
goéland

Sais-tu où vont les
nuages

Du haut de la
falaise

Dans la neige il a
tous les chemins

Psaume de
l'éphémère

Son premier cri
sera pour ton
sourire

Les premiers
arbres à refuser
l'oubli

Déchirures
Je serai le timonier
de vos navires

J'ai envie du vert
qui change

Tu étais là
Le temps n'est pas
passé

Arbre solitude
Au milieu de nulle
part

La voix des puretés
perdues

Lettres
Au nord de la Croix
du Sud

Malgré...
Intensité
Paroles de silence
Couleurs de cris
Jeux en liberté
fragile

La mer nous
parlera

Le nat des peurs
délicieuses

Leurs corps n'ont
plus de visage

Au bord du
lac Toba

L'herbe était déjà
haute


ICI C'EST LOIN

à Brigitte

Errance de mots et de harpes.
Chute d'étoiles dans le vide des attentes.
Une cigarette bien fumée avant de mourir.
Etre dans la terre où poussent l'herbe et l'écume.
La vie qui remonte toujours des égouts de l'oubli.
Illusions-déceptions
Arbres-cuisses
Où éclate-crie-se tait le désir.
La marée des grues cendrées
Dans la mare aux lumières
Devinées
Un soir pas clair
Où les espérances jettent des sorts
Et… la question qui se pose :
Peut-on vivre avec la mort?

L'aube de la pleine lune
_ Ou était-elle à peine née? _
Court avec les ramiers
Mêlés aux feuilles mortes.
Chênes et châtaigniers au bord des champs d'orge
Où la plaine remplit les solitudes de l'été.
Chant de coqs qui dessine des cils de lune
Sur le dos des dromadaires
Dunes errantes
Dans les mirages acides
Où le ciel voudrait avoir un corps
Où ici c'est loin
Où tout l'être s'en va où va le vent
Où la question s'habille d'ailes et se pose à chaque instant :
Pourquoi la mort?

J'arroserai jusqu'au dernier souffle les montagnes du désir
Que l'horizon caresse les soirs de grande tendresse
Alors que l'âme pleure l'absence des lointains
Trop loins
Miroirs vides que l'on ne peut atteindre

Qu'aucun visage n'arrive à faire vivre.
Toi qui regardes les montagnes qui paraissent
Joyeuses de disparaître dans les brumes
Au détour d'un chemin imprévu
Arroseras-tu la lumière qui pénètre les vallées de tes attentes?
Il y a des lacs profonds où se noie le temps.
J'irai le sauver
M'en emparer
Pour qu'il me fasse vivre
Les poches pleines d'étoiles
De grues cendrées qui reviennent avec l'aube
De la poussière de leurs cris
Des récits de leurs voyages
Mêlés à la légèreté des matin du nord
Malgré la question :
Pourquoi la mort?

Y a-t-il un jour pour mourir?
Quel moment?
Est-ce le matin?
Le soir?
Je n'ai pas peur de la mort.
Mais
Je ne veux pas mourir.


Novembre 1999

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