Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Jeux en liberté
fragile

Rouge Khmer
Un enfant-un été
Honte du printemps
Ici c'est loin
Où l'enfant se fait
goéland

Sais-tu où vont les
nuages

Du haut de la
falaise

Dans la neige il a
tous les chemins

Psaume de
l'éphémère

Son premier cri
sera pour ton
sourire

Les premiers
arbres à refuser
l'oubli

Déchirures
Je serai le timonier
de vos navires

J'ai envie du vert
qui change

Tu étais là
Le temps n'est pas
passé

Arbre solitude
Au milieu de nulle
part

La voix des puretés
perdues

Lettres
Au nord de la Croix
du Sud

Malgré...
Intensité
Paroles de silence
Couleurs de cris
Jeux en liberté
fragile

La mer nous
parlera

Le nat des peurs
délicieuses

Leurs corps n'ont
plus de visage

Au bord du
lac Toba

L'herbe était déjà
haute


AU NORD DE LA CROIX DU SUD

à Louis Lucien

    Les lucioles sont-elles revenues ?
    C'est la mi-juin.
    Elles ont dû se donner rendez-vous autour du lavoir, sous les grands aulnes et sur le sentier au milieu des nuits claires-profondes où les luzernes et le vent se reposent.
    J'en ai rencontré une seule l'année passée au pays Toraja. Elle était la dernière de l'été.
    C'était devant la porte de la chambre nuptiale où veillent, avec les ombres, les immenses cornes de buffles et les songes.
    On a tué beaucoup de buffles cette année-là et on a beaucoup promené les morts à travers les rizières pour qu'ils oublient le chemin du retour.
    Les enfants en auraient eu peur lors des jeux du soirs. La croix du Sud n'a pas assez d'étoiles pour la traversée des légendes.
    Les lucioles sont-elles revenues ?
    J'ai rêvé de ta vallée sans rizières.
    Il doit y avoir des lézards bleus sous les rochers à l'ombre des herbes non fauchées et des couleuvres immobiles pour les oiseaux téméraires qui sortent à midi des fourrés.
    Les lucioles sont revenues
    Je le sais.
    C'est la mi-juin.
    Elles m'ont invité.
    Avec elles je viendrai un soir me laver dans le lavoir de l'été.

Juin 2000

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