Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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A la lisière
de l'autre

Marées
Incertitude
N'oubliez pas
le jour...

A la lisière de l'autre
Un verre de mer morte
La surate de l'aube qui aime le matin
Le ciel est mort
Delà le vol des phalènes
L'orgueil des
sous-bois

Aide-moi à guérir mes lèves
J'ai baissé les yeux
Au lavoir du mal
Quoi qu'il arrive
L'été sera long sans ton sourire
Il est difficile de tenir tête au vent
Pourquoi nos
yeux se sont-ils rencontrés?

Labyrinthe des séductions
Le minaret des certitudes inutiles
Le palais du sultan
L'été a le sourire de l'automne
N'oublie pas
Tout sera en caresse de vagues
J'ai dû sortir pour cacher mes larmes
Mon amour guérira
Saurai-je aller jusqu'au bout?
Vent-enfant
Le train de l'oubli
Un bruit de rames
Le printemps n'a pas changé de visage
Les appeaux n'arrêtent plus les oiseaux de passage
Je n'ai pas fermé la porte
Un jour viendra...
Le vent nous attend


AIDE-MOI À GUÉRIR MES LÈVRES

à Rémy

Je voudrais te parler de mon amour.
Les mots n’arrivent pas à mes lèvres
Ils ne connaissent pas le chemin de tes attentes.
Je voudrais plonger dans tes yeux.
J’ai peur de me noyer.
Le bonheur peut arriver et partir si vite.
Je voudrais te parler des tentes tibétaines
Blanches colombes sur les pentes de l’été
Proies faciles des éperviers du sud.
Les troupeaux de yaks m’ont parlé de leur lait
Du beurre rance à la saveur de nuages.
Dans les temples de la Rivière Heureuse
Sauras-tu m’écouter ?
Je voudrais te dire mon amour.
Mes lèvres sont en sang.
Mes mots veulent les violer.
Tourment de solitudes sur la place de Lhassa
Où le vide se promène avec le Potala
Sur un poteau sans vie
Bercail de loups affamés.
Je t’ai cherché dans les vastes lamaseries.
Chant monotone saccadé des lamas.
Je voulais te dire mon amour.
Je croyais que les trois bateaux en peau de yak
Luminaires d’espérance
Traversés par le soleil du matin
Sur le Brahmapoutre habité par les saules
T’auraient donné les mots du mystère
La clé de mon amour.
Tu es venu
Je ne sais pas quand
Tu as grandi dans mon âme
Dans mes songes
Tu as vu
Admiré
Le même crépuscule
Sur l’immense plateau du loess
Manteau rapiécé de lins et de blés.
J’étais là à te regarder
A t’espérer
Bateau échoué dans ton corps.
Veux-tu me parler ?
Seras-tu la fontaine des sables
De la mer asséchée
Qui connaît les sources secrètes
Que même les orages ne connaissent plus
Pour désaltérer ma soif ?
Le sel est sur mes lèvres.
Je n’ai plus de lèvres.
J’ai tellement soif.
Je voudrais t’embrasser
Te dire mon amour.
Aide-moi à le dire.
Aide-moi à guérir mes lèvres.

Juin 2001

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