Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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A la lisière
de l'autre

Marées
Incertitude
N'oubliez pas
le jour...

A la lisière de l'autre
Un verre de mer morte
La surate de l'aube qui aime le matin
Le ciel est mort
Delà le vol des phalènes
L'orgueil des
sous-bois

Aide-moi à guérir mes lèves
J'ai baissé les yeux
Au lavoir du mal
Quoi qu'il arrive
L'été sera long sans ton sourire
Il est difficile de tenir tête au vent
Pourquoi nos
yeux se sont-ils rencontrés?

Labyrinthe des séductions
Le minaret des certitudes inutiles
Le palais du sultan
L'été a le sourire de l'automne
N'oublie pas
Tout sera en caresse de vagues
J'ai dû sortir pour cacher mes larmes
Mon amour guérira
Saurai-je aller jusqu'au bout?
Vent-enfant
Le train de l'oubli
Un bruit de rames
Le printemps n'a pas changé de visage
Les appeaux n'arrêtent plus les oiseaux de passage
Je n'ai pas fermé la porte
Un jour viendra...
Le vent nous attend


LE CIEL EST MORT

Pardonnez-moi
Je vais faire un poème
Il ne correspond pas à ce que vous attendez
J’ai au fond de moi un événement qui ne veut pas se taire
Il m’a bouleversé
Je ne peux que crier
Ecoutez
Je vous en prie
Ecoutez mon cri
Il est le plus profond
Le plus fort de mon être
De mon âme
De mon corps
J’en meurs
Vous comprenez ?
J’en meurs
Alors écoutez-moi
C’est mon cri-poème
Mon poème-cri
Devant la mort.

au chant perdu de
milliers d’oiseaux
morts d’épuisement
sur ordre de Mao

Blés
Riz
Sans fin
Dans les plaines
Les vallées
Les oiseaux illuminent le matin.

Levez-vous
Vite
Courez
Le matin est là
Allez dans les champs
Vite
Les blés sont mûrs
Le riz en grappes
Vite
N’oubliez pas les tambours
Les gongs
Les poêles
Les casseroles
Les cymbales
Vite
Les oiseaux sont là
Ils chantent
Ils délirent
Vite
Courez
Tapez-frappez
Vite
Oubliez leur chant dans vos cœurs
Vite
Tapez-frappez
De toutes vos forces
Ne vous arrêtez pas
Pas un seul instant
Tapez-frappez
Vite
Jusqu’au soir
Jusqu’à l’aube
Gongs-tambours-poêles-casseroles-cymbales
Tapez-frappez
Ne vous arrêtez pas
Le ciel est noir d’oiseaux
Il faut les faire mourir
Tapez-frappez
Ne les laissez pas se poser
Le ciel crie
Il n’a plus d’horizon
On veut tuer l’infini
Tapez-frappez
Ne les laissez pas se poser
On ne voit plus le soleil se coucher
Ne les laissez pas se poser
La nuit arrive
Le ciel est noir d’oiseaux
Nuit d’oiseaux
Ils crient
Vous entendez ?
Ils ne peuvent se poser
Ils crient
Ils tombent
Morts
Epuisés
N’arrêtez pas de frapper
La mort est là
Elle pleut en gouttes de chants
De cris
Morts
En flocons d’aube
Morte
Dans les blés
Les riz
Morts.

La mort
Chante
Délire
Vous l’entendez ?
Gongs-tambours-poêles-casseroles-cymbales
Arrêtez de taper
Je me bouche les oreilles
La nuit hurle
Même le silence sent la mort
Funérailles d’ailes
De chants
J’en meurs
Arrêtez
Arrêtez
La dernière goutte est tombée
Le silence ne veut pas mourir
J’entends encore son cri
Arrêtez
Le ciel est VIDE
Le ciel est MORT.

Mai 2001

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