Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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A la lisière
de l'autre

Marées
Incertitude
N'oubliez pas
le jour...

A la lisière de l'autre
Un verre de mer morte
La surate de l'aube qui aime le matin
Le ciel est mort
Delà le vol des phalènes
L'orgueil des
sous-bois

Aide-moi à guérir mes lèves
J'ai baissé les yeux
Au lavoir du mal
Quoi qu'il arrive
L'été sera long sans ton sourire
Il est difficile de tenir tête au vent
Pourquoi nos
yeux se sont-ils rencontrés?

Labyrinthe des séductions
Le minaret des certitudes inutiles
Le palais du sultan
L'été a le sourire de l'automne
N'oublie pas
Tout sera en caresse de vagues
J'ai dû sortir pour cacher mes larmes
Mon amour guérira
Saurai-je aller jusqu'au bout?
Vent-enfant
Le train de l'oubli
Un bruit de rames
Le printemps n'a pas changé de visage
Les appeaux n'arrêtent plus les oiseaux de passage
Je n'ai pas fermé la porte
Un jour viendra...
Le vent nous attend


MON AMOUR GUÉRIRA

Blessé
Mes mains répandent des caresses inutiles
Sang de sèves qui n’ont pas trouvé assez de couleur pour vivre.
Il n’y a plus de coquelicots dans les champs.
Sur les pentes de mon amour
Je ne trouve plus de fleurs.
Les lys des vallées ont disparu
Et je ne saurais à qui les donner.
Leur saison a été effacée.
Battu à mort
Le jaune domine mes yeux et mes lèvres
- Ce n’est pas le jaune des blés mûrs -
Malgré la lumière de mon regard
Qui a su ressusciter
Des orties et des voiles déchirées
D’une plaine-mer où se mêlent les rives du présent et du passé.
Je suis parti pour l’île d’Inwa.
A l’embarcadère
L’Irrawaddy m’a reconnu.
IL a vu mes larmes.
Pour me consoler
Il m’a fait un grand sourire de pagodes dorées.
Je l’ai traversé.
Mon amour était très lourd.
Je l’ai déposé dans un linceul de rizières
Sur un char tiré par deux zébus blancs.
Les pagodes
Emues
Perdues dans l’eau et les palmiers à sucre
Ont entonné le thrène des blessés à mort
Complainte de ceux qui ne veulent pas mourir
Mais sont si près de la mort.
J’étendrai mon amour
Avec tendresse
Parmi les pilotis dorés du monastère de Bargaya
Au pied de toute ma douleur
Et de la vie qui s’en va.
Je n’ai plus de larmes.

Dehors
Au soir
J’ai vu quelqu’un prier.
Mon amour guérira.

Octobre 2001

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