Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Madadayo

On a fauché des
ciguës cet été

A mort, amour et
mort

Ne comptez pas
trop sur elle

Vent-Paravent

Loup y es-tu ?

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Au théâtre ce soir
Il grandira
Errances
immobiles

Les aréquiers
veillent sur la nuit

Sous les fenêtres
de l'hiver

Jardin fidèle
Hello!
Elle chante
Portraits
Le tigre ne viendra
pas boire

Mains
Dans la plaine du
temps

Mousson saigon

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Rire de midi
Trajectoire du
désir

N'arrêtez pas le
vent

Quand la neige
fleurira

Troncs
d'arbres-âmes
à la dérive

Les Dames ont
perdu le Chemin

Sur la crête aux alisiers
17ans
Les Dames ont perdu le Chemin
Préfères-tu
Toi qui m'as fusillé
Il pleut


A-MORT, AMOUR ET MORT


aux foules de l'oubli

J'ai vu la mort sur le trottoir d'en face.
Je lui ai rendu son sourire.
Nous nous rencontrons si souvent.
Elle a poursuivi son chemin.
Je l'ai suivie.
Elle m'attendait plus loin
Devant l'entrée de l'amour.
Je n'ai pas regardé le numéro de la porte.   
Etait-il pair ou impair ?
Avait-il un bis ou un ter ?
Qu'importe.
Je n'ai pas hésité un seul instant.
Je suis entré
Et face à l'amour
La mort est morte.
Je n'ai pas pleuré.
Le coeur de l'instant s'est mis à battre l'éternité.
J'ai hurlé AMEN.

La mort
Graminée du temps
S'en est allée sur les routes qui viennent de loin
Très loin.
Elle n'a rien à craindre
Elles sont immenses
Et l'amour est absent.
Elle s'est fardée de blessures
Qui suppurent la faim et la soif
Infestées de mouches
Saumâtres
Où le désespoir avance
S'étire
Sur l'inénarrable
Les yeux clos
Chargés de larmes.
Il avance
Il tombe
Il se relève
Il avance.
Il n'a plus de jour
Il n'a plus de nuit
Il n'a plus de mains
Il n'a plus de hanches.
La mort séduit les enfants
Et d'un sourire lascif
Ceux qui ont les épaules chargées de temps.
Elle est à l'affût
D'un oeil qui se vide
D'un genou qui plie
D'un bras perdu
Où il n'y a plus de cri.
Elle s'est mise aux vendanges
Elle court partout
Elle danse
Elle foule les corps et les âmes
Elle soutire le sang
Elle est ivre de pouvoir
Rien ne peut l'arrêter
Car l'amour est absent.

Génocide.
Est-ce un métier ?
La mort a ses écoles
Les diplômes y sont très prisés.
Il y a eu des remises de prix
Dans l'été Sud et l'été Nord.
Il n'y a pas de chômage
Pour l'infâme infini.
Les étés passent
Et s'installe l'oubli.

Tuer
Ou laisser mourir...
Y a-t-il une différence ?
Les élèves de la mort se masquent de patrie
Et la patrie d'indifférence.

Regarder
Et ne pas tourner la tête pour ne pas voir.
Le courage de hurler sa présence...
Alors dans l'infini de l'oubli
Par pitié
Ne dites pas AMEN
Même en silence.


Octobre 1998

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