Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Madadayo

On a fauché des
ciguës cet été

A mort, amour et
mort

Ne comptez pas
trop sur elle

Vent-Paravent

Loup y es-tu ?

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Au théâtre ce soir
Il grandira
Errances
immobiles

Les aréquiers
veillent sur la nuit

Sous les fenêtres
de l'hiver

Jardin fidèle
Hello!
Elle chante
Portraits
Le tigre ne viendra
pas boire

Mains
Dans la plaine du
temps

Mousson saigon

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Rire de midi
Trajectoire du
désir

N'arrêtez pas le
vent

Quand la neige
fleurira

Troncs
d'arbres-âmes
à la dérive

Les Dames ont
perdu le Chemin

Sur la crête aux alisiers
17ans
Les Dames ont perdu le Chemin
Préfères-tu
Toi qui m'as fusillé
Il pleut


LES DAMES ONT PERDU LE CHEMIN

à tous les Chemins des Dames
et à leurs enfants

Toi qui m'as fusillé

Toi qui m'as fusillé
Tu es vivant
Tu es un héros
Héros de ma mort
Fier de m'avoir tué
De n'être pas mort.
Tu m'as obligé à partir
A avoir envie de mourir
A être un héros
Pour le monument aux morts.
Toi qui déclares la guerre
Pourquoi ne la fais-tu jamais ?
Tu t'habilles de ma jeunesse
Des éclairs de mon sang
Des visions de mon corps.
Tu as soif de ma mort.
Pour qui ?
Pour quoi ?
Pour la patrie
Ses frontières ?
Pour les deux rives d'une rivière ?
J'ai bu la boue la neige
Les matins sans lumière
Mon corps n'était qu'un cercueil.
Où étaient-elles les Dames du chemin ?
On peut tuer le maître du cheval
Et le cheval avance
Toujours
Et toujours encore
Même avec le tueur de son maître
Jusqu'au bout
Là où pleurent la suie les frelons et les mantes
Là où il n'y a plus de port.
La folie n'a pas d'âge
Elle tue à chaque instant.
Tu m'as fusillé
Tu as fusillé le cheval dans mes yeux
Tu as fusillé sa course
Tu as fusillé les mots d'amour sur mes lèvres
Tu as fait sauter les boutons sur le coeur du printemps.


Septembre-Octobre 1999

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