Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Odeur de nuits d'algues

Passager
Sans fenêtres
Odeur de nuits d’algues
Chemins de l’âme
Amers de saisons
Ils naviguent dans mes pleurs
Envie de vivre
Le radeau est vaste
Sur le cil de l’aube
Lumière sans ombre
Un arc de feuilles
La vallée des arbres
Il neige sur les illusions
Le soleil est en voyage
La mer s’est habillée d’horizons inconnus
Pêcheurs d’espérances
Foins d’ailes
Bateaux-goélands
Le jour est né
Le chemin attendu
Un visage d’étangs
L’orage court les collines
Chants de huppes dans le Néguev
Sur la grève du matin
La mer s’est perdue
Sur les rives de mon regard
Sentiers de traverse
Hâtez-vous le massacre est commencé
Sous les cerisiers sauvages
Naufrage de l’horizon
Delà les brûlis
Je dessinerai ton visage
Où se perd le désir
J’ai prêté mon regard aux étoiles
La galaxie est ta couverture
Apprivoiser le nulle part
Espace secret
Les branches du matin ont perdu le printemps
Toujours ne peut être demain
Regards


HÂTEZ-VOUS LE MASSACRE EST COMMENCÉ

aux 2000 musulmans massacrés
du Gujarat

Plaine de l’innommable.
Atrocité
Horreur
Partout.
Rues de clameurs
Cris
Terreurs.
Les bêtes sont féroces
Elles chassent le gibier
Les crocs sont aiguisés
Elles égorgent
Déchirent
Lacèrent
Démembrent
Violent
Piétinent les ventres éventrés
Les murs connaissent les enfants non nés
Hâtez-vous le massacre est commencé
Les bêtes ont soif
Dévorent
Broient
Lapent le sang versé
Le soir se désaltère
Quand seront-elles désaltérées ?

Loin
Les hyènes attendent les restes
Le festin n’est pas consommé.

Un enfant est pris
On lui serre la tête
On lui ouvre la bouche
On lui fait boire du kérosène
Et... une allumette craque
Une torche s’allume
Pour l’innommable égaré.

Shiva tremble
Arrête de danser
Vishnou pleure
Brahmâ n’a pas assez de ses quatre visages
Pour regarder l’aube
Livide
Sans visage
Trucidée.

Hâtez-vous le massacre est commencé.

Juin 2004

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