Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Polyphème
aux troupeaux
de songes

Ta main était dans
la mienne
Le jardin des
orages

Champs de soleils
Pêcheurs de sable
Escaliers pour ce
que l'amour
emporte

Où la parole est
silence

Avant que la neige
ne meure

Delà le chemin
parcouru n'y a-t-il
pas un champ
de blés mûrs

Sur la rive des
matins

En baie d'Along les
soirs et les matins
se parlent d'amour

Liberté-Ophélie
Les chemins
de l'amour
t'appartiennent

J'ai envie de te
boire et te lire

Il y aura toujours
un puit pour
mon âme

Mains en exil
Saison verte
La marée des soifs
s'en va

Un puit oublié
Je ne sais que
l'amour attendu
Odeurs du vent
du nord

Radeaux
Sur le sentier
du large

Un peso d'argent
Polyphème aux
troupeaux
de songes

Poètes de passage
L'inattendu vient
Chemins
Le sourire a le
même chemin
sur vos lèvres

A la suite des
oiseaux que les
saisons appellent

Le vent de l'ombre
Votre sang se
répand sur
mon âme

Condamné à
espérer

Virage
Concile des pleines
lunes

Confusion de
crépuscules

La porte de Gorée
Le temps n'a pas
de visage

Chuchotement
d'ailes et caresses
non dites

La chasse aux
étoiles

Où la solitude a ses
rencontres

Feulements
d'aventure

Qui redonnera la
voix aux matins

Cri


FEULEMENTS D'AVENTURE


Jardins du Luxembourg avant l'ouverture .
L'été se baigne dans les sueurs troubles de la nuit .
Il sèche les sourires de la foule
Qui attend aux grilles de l'ennui .
A huit heures l'aurore n'a déjà plus de sexe pour les désirs
Et sur le corps du matin
Les oiseaux s'atrophient en syllabes désertes de plaisir .
Le soleil alourdit les branches des arbres .
Elles risquent de se casser
Sous le poids de l'absence
Trop blanche
Du vent à midi .
La foule
Murée dans ses silences
Migre au gré de l'ombre .
Elle tourne en rond
Sans cesse
D'un songe l'autre .
Cercles-mirages aux soifs inutiles
Orages avortés
Stériles
Dans les fruits vides des grenadiers .
Une seule hirondelle donne des ailes au soir .
Est-ce l'âme errante d'un matin
Que la foule attend
Chaque jour
Au bord de l'espoir ?
Jardins du Luxembourg après la fermeture .
L'hirondelle continue à se nourrir de lumière .
Quand s'apercevra-t-elle que le soleil et les nuages
Se sont empalés
Sur les grilles dorées du fini ?
Envie irrépressible d'escalader les grilles de la cage
De se perdre dans la nuit
Son inconnu
Ses possibles .
Il y a des feulements d'aventure
Qui courent
Quelque part
L'infini .


2 Juillet 1998

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