Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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La plaine des
songes

Le voyage a été
long

Delà le mur de
l'ombre

L'enfant est parti
Sur les fils
du désir

Sur le trottoir
aux silences

Au fond de la nuit
Sous l'arbre
du couchant

A la fenêtre
du soir

Sur la grève aux
papillons

A Francesca
Hors du songe
de l'enfance

Derrière la ligne
brisée

Dans la vigne
effeuillée

Ulysse
Aux branches
des oliviers

La porte est
entrouverte

Revenir le soir
S'en aller
Aux portes de
l'éphémère

 

La plaine des songes

Le poète, par vagues oniriques, s'attelle à une grande lecture du monde. C'est un cantos de la nature sensuelle, colorée, une fête méditerranéenne : " les horizons, syllabes de caresses ", une promenade dans les sous-bois du désir ", une cueillette des " rosées éphémères de l'extase " sur un ton de confidence à l'être aimé. Le côté virgilien est enrichi de mouvements de caméras assez intenses en plongées et contre-plongées. C'est la liesse sudiste " dans un cortège d'oiseaux, de lampes et de lunes " ; Rome est là, les dieux, les oiseaux, les orages, la mer, l'infini, les départs ; une marche " vers les sommets du désir " , mais parmi les présences et les légendes ; déjà " l'arbre du désir s'allume de cigales ". Au bout de Rome, il y a Athènes ; Ulysse franchit " le mur des certitudes ", écartant la banalité quotidienne ("îles Pénélopes, ports des lassitudes " - un beau trait mordant !). Pour lui - un exemple - l'horizon est la " demeure du possible ". Imitons-le dans les voyages de nos rêves, le défi à la mort, malgré la tristesse de l'hiver, de ses vents, le poids de l'âge qui nous pousse par le lavage onirique à nous faire " nu du temps ". Encore une de ces remarquables formules dont le poète a le secret !

Autres thèmes parallèles : la " poussière du passé " et la mort de l'enfance, des notes sur la mélancolie, sur la mort de Francesca, qui danse maintenant ailleurs pour " consoler les goélands ". Importance de la tombée du jour, des fenêtres de l'attente. Assimilons la nature à un atelier au travail : les " étangs de paroles ", ces " ornières " qui rassurent. La solitude arrive par rafales, voici " la brume qui avance ". Une contemplation du passé, une interrogation du " bien et du mal " . La morale est teintée de doute et d'érotisme. Le poète rêve d'être " libre d'aimer... libre de se perdre ". Pénétré par l'ennui natal, comme disait Laforgue, il choisit l'ombre enrichissante du désir et du rêve, ce " sourire promis des eaux vives ".
Il faudrait étudier aussi dans cette oeuvre l'importance et l'impact de certains mots-clés, tels " arbre " ou surtout " éphémère "...

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