Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
Accueil | Livre d'Or | Biographie | Ecrivez à Angelo

Villes bâties
par le vent

Sur les sentiers de
la pleine lune

Tout en haut
du matin

Il n'est jamais
trop loin l'infini

La table des
restes

Pluie de silences
L'orage et
l'enfant

Le silence
des loriots

Plaine, ma mère
J'ai envie de vivre
Courir vers
les arbres

Je m'en suis allé
guetter le
printemps

INSTANTS D'UN FUTUR

I Te raconter
au matin
II Tourment
qui veille
III Sur la route
de Chitral
IV Aucune porte
ne sera close
V Le seuil à
franchir
VI Je me suis
mis à écouter
le fleuve
VII Les
présences...
qu'on invente
VIII Assis sur les
marches de
ma tendresse
IX Traverseras-tu
la rivière ?
X Le vent des
caresses
XI L'aire où
l'enfance
grandira
XII Le désir
courait plus
viteque l'infini

Je voudrais
retenir le temps

Derrière l'appel
des cormorans

Navire chargé
d'amours rares

La ville bâtie
par le vent


PLAINE, MA MÈRE

    Plaine, ma mère, je ne sais si je reviendrai te voir.
    Avant de te quitter, tu as mis une pie sur mon épaule et semé de soifs les chemins de mes songes.
    Au bout de l'aire, où séchaient tes saisons de maïs et de blé, que de soirs j'ai regardé le soleil tomber derrière les arbres et mon cour courir le chercher.
    Delà les peupliers - ton masque, ma mère - j'ai trouvé quelques promesses, un sourire sans lèvres, des champs brûlés et... d'autres arbres... et encore des arbres, des talus aux regards brisés, un pont sur l'infini, des hivers si longs à traverser, avec ces bandes d'oiseaux noirs qui ne savent jamais où se poser dans le soir.
    Au carrefour des étangs, où l'espoir tourne en rond, les yeux bandés, sans le savoir, j'ai saisi la main d'un passant et l'ai suivi dans sa vallée sur le sentier des libertés du vent.
    Près de sa solitude j'ai contemplé les matins airer dans les châtaigniers et les pins et la rosée des hautes herbes chanter avec les faux dans nos mains.
    J'ai cru sans fin nos silences si doux du soir, quand nous regardions ensemble le soleil tomber derrière Château-Noir.
    Je n'avais pas remarqué, au pied des chênes verts, le jardin bien labouré, déjà prêt pour l'hiver. Et alors qu'il a neigé - quel froid, ma mère - ce n'était pas la neige des amandiers.
    Je me souviendrai combien la route a été longue.
    J'ai imploré l'infini. Ta nuit a été sourde.
    Le jour, je me disais, se fait toujours plus court pour courir après les songes.
    Personne n'était là pour me donner la main, quand j'ai senti son odeur de rivages fanés venir à ma rencontre, avec ses goélands blessés, ses ports immobiles, ses voiliers. C'était la mer, la plaine sans arbres, l'autre, si amère après t'avoir connue, toi, ma plaine, ma mère.
    Sur le quai du désir, ce soir je regarde le soleil tomber derrière les Maures et mon cour courir le chercher delà les ports.

Décembre 1994

<- ->

Copyright (C) Angelo Venturi 1994-2006 - Est interdite toute reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement écrit de l'auteur. La copie est strictement réservée à l'usage personnel.

Pour de plus amples informations sur l'usage de ces poèmes écrivez à: webmaster@angeloventuri.com.