Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
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Villes bâties
par le vent

Sur les sentiers de
la pleine lune

Tout en haut
du matin

Il n'est jamais
trop loin l'infini

La table des
restes

Pluie de silences
L'orage et
l'enfant

Le silence
des loriots

Plaine, ma mère
J'ai envie de vivre
Courir vers
les arbres

Je m'en suis allé
guetter le
printemps

INSTANTS D'UN FUTUR

I Te raconter
au matin
II Tourment
qui veille
III Sur la route
de Chitral
IV Aucune porte
ne sera close
V Le seuil à
franchir
VI Je me suis
mis à écouter
le fleuve
VII Les
présences...
qu'on invente
VIII Assis sur les
marches de
ma tendresse
IX Traverseras-tu
la rivière ?
X Le vent des
caresses
XI L'aire où
l'enfance
grandira
XII Le désir
courait plus
viteque l'infini

Je voudrais
retenir le temps

Derrière l'appel
des cormorans

Navire chargé
d'amours rares

La ville bâtie
par le vent


LA TABLE DES RESTES

A Abdelbaki de Moularès

    Je ne viendrai plus à Moularès. Trop de mots vides courent les mirages. Sur les lèvres des promesses se décompose un ciel d'aloès. Les narguilés se brisent soudain dans les yeux des faucons : oasis sans dattiers, sans désert.
    Sur le sable mort tu dresses pour les attentes en voyage la table des restes. Tu les as comptés et recomptés tant de fois sur tes doigts fermés. Tu as muré ta fenêtre. Même tes sourires sont peints sur ses volets.
    Dans la cour, au seuil de ta chambre, la nuit refroidit les désirs et oublie de remplir les verres de la soif. II n'y a plus d'eau dans l'oued.
    Le désert s'en est allé. Il a fui la porte du mensonge. Près d'un puits secret il se lave des lâchetés, de la honte.
    Cachés derrière les dunes de phosphate les chacals
lacèrent la pleine lune. Il y a du sang de cendre autour des chamelles blanches. Elles ont perdu leur chemin. La route aux larmes est si vaste. Aux portes de Moularès, il n'y a plus de matin.
    Le vent me prend par la main et me conduit hors de l'absence. Les oiseaux, les derniers de l'été, les derniers du départ, essaient de chanter le printemps d'une attente.
    Je ne viendrai plus à Moularès. Qu'y ferais-je sans ami, sans désert ?

Octobre 1994

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