Le mendiant de l'impossible Saisons de Pothos Voyage sans escale Villes bâties par le vent Polyphème aux troupeaux de songes Jeux en liberté fragile Les gares de la haute mer Odeur de nuits d'algues
La plaine des songes Rive aux attentes L'infini ne sait plus où aller Fleuves A la lisière de l'autre Rets aux nuages Vanner le sable et le vent
Madadayo
Accueil | Livre d'Or | Biographie | Ecrivez à Angelo

Voyage sans
escale

Il y a un cri
d'enfant

En face
Sourire d'une
promesse
inconnue

Viens... on va
chercher le
printemps

Je t'ai laissé au
bord de la route

Éternité
Voyage d'attente
Devant le port
vide

Ma parole
Obsession
Un espoir
Un buffle, une
maison, trois
enfants

Elle, moi, toi
Un sourire
imprévu

Funambule du
printemps

Ton jardin
L'autre rive
II est temps de
s'en aller

Nous serons
voyage


IL EST TEMPS DE S'EN ALLER

à Giuseppe de Vallégrande

Je n'ose plus ouvrir la fenêtre.
Il y a toujours ce terrain vague à ma porte
Désert sali de mensonges
Où ne fleurit même plus la mauve
Seul sourire des terrains perdus
Des talus impudiques
Des routes sans issue.
Le printemps et l'été ne s'y arrêtent plus
Depuis longtemps...
Comment reconnaîtraient-ils cette saison
Si vide
Sans nom
Sans visage
Où s'en vont au gré du vent
Avec la poussière aveugle et les masques du temps
Les lambeaux de tant de pages
Écrites jadis par le songe
Que l'amour mûrissait chaque jour sur mes lèvres.
Avec la rivière aux aspics
Chaîne aux lâchetés
Cachées
Aux blessures prévues
Décidées
La nuit a fermé la porte des combles
Où se meurent les galaxies taries de désir.
La lune ne reconnaîtra plus nos pas
Les appels de l'herbe
Les attentes du plaisir.
Le vieux miroir
Qui jouissait
Aux heures profondes
De l'amour nu qui s'aime
Se remplit d'opacités
Poussière superficielle d'ombre.
Dans la cour
Si vide
Même de silence
Seulement le vent y rôde encore
Sans s'occuper du désert qui avance.
Le Sentier s'est perdu
Hors d'haleine
Dans les pièges coupants du fini.
Là-haut dans les pins
Le chemin du savoir
S'est clos
À nouveau
De bruyères et de ronces.
Le matin
Muet
A cassé les faucilles
Et perdu la clé de la grange
Où les foins oublient peu à peu la lumière
La mouvance de nos corps
Vêtus de beauté de mythes et de songes.
L'herbe vieillira sur les pentes de ton île
Où les jours passent
Assis
Devant la chapelle des étés immobiles.
Les couchants se noient dans le lavoir aux trois aulnes
Sali de lucioles tuées
De semblants
De mensonges.
Il est temps de s'en aller...
On a tué même le rossignol
Tout en haut du channe
Aux oracles déjà oubliés.
Au loin
J'entends l'hiver
Briser les frênes d'albâtre.
Dans la darse
Le bateau attend de nouvelles rames.
Elles se sont cassées
Dans l'eau
Trop épaisse
Des lâchetés.
Ou ai-je trop ramé ?
Mais je pars riche
En émotions toujours neuves
Avec l'or des loriots
Les turquoises des lézards bleus
Le velours blanc des aliziers
La fraîcheur des eaux de source
Les essences précieuses de foins très rares
D'arbres visités par l'amour
Grandis sous le regard de soirs si doux.
Mes lèvres sont encore humides
De sèves inconnues
Découvertes sur tes plages.
Demain les rames seront prêtes.
Autour de ton île
Si basse
Si étroite
La mer... est VASTE.

Juin 1992 et avril 1993

<- ->

Copyright (C) Angelo Venturi 1992-2006 - Est interdite toute reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement écrit de l'auteur. La copie est strictement réservée à l'usage personnel.

Pour de plus amples informations sur l'usage de ces poèmes écrivez à: webmaster@angeloventuri.com.